Actualité

Le « Café pédagogique » a rédigé un très bel article pour annoncer la sortie du livre:

Marguerite Morin : Montessori à l’école maternelle

Peut-on réconcilier l’école de Jules Ferry et celle de Maria Montessori ? Marguerite Morin, professeure des écoles et formatrice (PEMF) le croit. Mieux elle donne le mode d’emploi dans « La pédagogie Montessori en maternelle » (ESF Sciences humaines éditeur). L’ouvrage fait mieux que rappeler les principes de M Montessori. Il propose des séquences , des plans de classe,  des progressions pour montrer comment concrètement on peut faire entrer la pédagogie Montessori à l’école. Le livre construit un compromis heureux où M Morin prend le meilleur des pédagogies traditionnelles et de Montessori pour créer une école qui n’exalte pas le chacun pour soi mais reste au service des valeurs de la République.

 

 « Il est temps d’arrêter d’opposer les principes de Maria Montessori avec ceux de l’Éducation nationale, car une grande partie des demandes institutionnelles peuvent être atteintes en mettant en place cette pédagogie, tout en permettant le développement le plus harmonieux possible de l’enfant », écrit M Morin. Tout son livre le démontre de façon concrète à travers conseils, séquences, emplois du temps et progressions.

 

Professeure des écoles à Saint-Gervais-sur-Roubion, dans la Drôme, formatrice, Marguerite Morin enseigne dans une classe multi niveaux de maternelle. Elle-même s’est formée à la pédagogie Montessori en 2011.

 

Son livre commence par présenter le parcours de M Montessori et la construction de sa pédagogie. Elle en donne les principes de façon claire, avec des tests. Un chapitre est consacré à l’aménagement d’une classe Montessori et à son fonctionnement quotidien. A partir du 4ème chapitre, on entre dans le concret de l’école française. M Morin met en parallèle les attendus des programmes et les activités Montessori. Elle propose des programmations annuelles conformes aux instructions officielles. Le livre se termine sur de nombreuses fiches pratiques  qui présentent des activités Montessori. L’ouvrage est complété par des documents de travail téléchargeables.

 

L’ensemble du livre est très pratique et renvoie à l’expérience concrète de l’auteure. La centaine de pages de fiches, les nombreux encadrés apportant des conseils ou des propositions font de ce livre un vrai manuel pratique pour faire entrer graduellement la pédagogie Montessori en classe. M Morin indique par exemple quelle attitude prendre avec les parents, les collègues et l’inspecteur. Elle montre comment tenir un cahier journal conforme aux instructions ou encore comment évaluer les enfants.

 

Avec  » La pédagogie Montessori en maternelle », les enseignants qui le souhaitent ont des pistes claires pour tirer le meilleur parti de la pédagogie Montessori tout en restant fidèles à leur Ecole.

 

Marguerite Morin : Montessori, une pédagogie pour l’école ordinaire

 

 » Les enfants Montessori ne doivent pas se sentir à part ». Pour Marguerite Morin la pédagogie Montessori ne s’oppose pas aux valeurs d’entraide de l’école républicaine. Dans  » La pédagogie Montessori en maternelle » elle montre comment concilier valeurs républicaines et nouvelle pédagogie. Elle explique pourquoi et comment est née cette alliance pédagogique.

 

Comment vous-mêmes êtes vous arrivée à la pédagogie Montessori ?

 

 Dans ma pratique d’enseignante je trouvais que les enfants n’étaient pas assez disponibles pour les apprentissages. Je trouvais aussi qu’ils manquaient de construction d’eux mêmes Je me suis dit qu’il fallait que je trouve une pédagogie qui assure des bases solides à leur formation. Et j’ai trouvé Montessori et je me suis formée. Mais j’ai gardé mon objectif d’enseignante. Je suis devenue professeure pour participer à la construction d ‘une société plus tolérante. Ce livre montre comment on peut associer la pédagogie traditionnelle et celle de Montessori pour faire avancer les élèves.

 

Montessori rencontre un grand intérêt en ce moment. Comment l’expliquez vous ?

 

Peut-être parce que la société recherche des valeurs et des cadres et que la pédagogie Montessori est très structurante. Elle est aussi très vantée par les neurosciences. Mais la pédagogie Montessori ne fait pas de miracle. Il y a plein de façons de faire classe et pas de recette magique en pédagogie. Mais elle aide à faire avancer les élèves et à développer leur estime d’eux mêmes.

 

Quand on lit les activités ou la posture de l’enseignant que vous recommandez : être bienveillant, personnaliser, faire du transvasement, des découpages, collages, etc. , on a l’impression que beaucoup d’éléments de la pédagogie Montessori sont déjà présents à l’école…

 

Ca n’existe pas partout mais c’est effectivement fréquent. Beaucoup d’enseignants font du Montessori sans le savoir.  D’autres revendiquent Montessori dès qu’ils font des ateliers autonomes. Or ce qui caractérise la pédagogie Montessori c’est la posture de l’enseignant, le lacher prise et la confiance en l’enfant.

 

Le lâcher prise c’est ne plus être celui qui dit quoi faire, quand et comment. Mais s’adapter à la zone proximale de chaque enfant….

 

Là vous adoptez un principe de Vygotski !

 

Mais je ne m’enferme pas dans Montessori et mon livre non plus ! On optimise ce qui fonctionne avec les élèves dans le cadre de l’école. Il y a beaucoup de domaines que je fais de façon traditionnelle car c’est mieux qu’avec Montessori !

 

La confiance envers les enfants ce n’est pas dangereux avec des petits ?

 

Non car la pédagogie Montessori met en place un cadre structurant. La confiance c’est la confiance dans la capacité de l’enfant à apprendre. On ne pense pas que tout vient de l’enfant. Mais on l’accompagne dans sa structuration.

 

De nombreuses pages sont réservées au matériel Montessori. C’est si important que cela ?

 

Oui car ce matériel est pensé dans une progressivité. C’est ce qu’on trouve dans le livre avec les fiches pratiques. Chaque matériel isole une compétence. L’enfant peut le reprendre quand il veut pour s’entrainer et apprendre. Il peut faire et refaire avec un matériel qui lui permet de se corriger.

 

Par exemple ?

 

Par exemple on va apprendre la numération avec les chiffres rugueux et les barres rouges et bleues. Les chiffres rugueux permettent une approche multi sensorielle qui facilite la mémorisation. L’enfant voit le chiffre, il l’entend et il le touche.  Il apprend ce qu’est trois avec le chiffre mais aussi avec les barres rouges et bleues il voit que 3 c’est 1 et 1 et 1. Avec Montessori on fait du Brissiaud.

 

Evaluer les enfants ce n’est pas aller contre la posture Montessori ?

 

Les nouveaux programmes recommandent d’observer les élèves ce qui est conforme à Montessori. La majorité des évaluations se font durant ce temps d’observation. En grande section on peut introduire ce qu’est une évaluation et en faire sur fiches.

 

On reproche souvent à Montessori de négliger les pratiques artistiques et les compétences sociales. C’ets ce que vous faites ?

 

En pédagogie Montessori traditionnelle il y a en effet peu d’activités artistiques. Mais dans le livre j’explique que je fais du développement artistique autour de projets de façon très traditionnelle. Je trouve très important ces moments d’émulation en commun. C’est ce qui manque chez Montessori.

 

On reproche aussi souvent à Montessori de ne pas développer de compétences sociales. Mais je m’inscris en faux. Le mélange des âges, le fait que les jouets soient uniques font que les enfants fabriquent une micro société où ils ont des relations riches. Ils apprennent aussi à attendre , à être frustrés, à s’entraider.

 

Comment passer à Montessori dans une école ordinaire ?

 

Le livre peut servir de guide pratique. Il a l’avantage de parler le langage de l’éducation nationale. Il montre comment mettre en place la pédagogie Montessori par étapes. Ca permet de lever les doutes et les inquiétudes. Le livre montre ce qu’on peut faire avec la pédagogie Montessori quand on est un enseignant ordinaire dans une école ordinaire.

 

Par exemple il indique les étapes dans l’achat du matériel. On n’a pas besoin de tout tout de suite. Personnellement j’ai mis 3 ans à accumuler du  matériel.

 

Il montre aussi comment s’organiser pour se fondre dans le quotidien de l’école. Par exemple si Montessori préfère des séquences longues de 3 heures de suite, personnellement je respecte les heures de récréation de l’école car je pense que c’est important que les enfants fassent partie du groupe école. Les enfants Montessori ne doivent pas se sentir à part.

 

Propos recueillis par François Jarraud

 

 

Article des cahiers pédagogiques

 La pédagogie Montessori en maternelle

Marguerite Morin, ESF, 2017

28 octobre 2017

Vous êtes tenté par la pédagogie Montessori mais vous n’osez pas encore vous lancer ? Vous vous demandez comment concilier les attentes de l’Education Nationale, les programmes et les activités Montessori ? Comment permettre à vos élèves de participer aux projets de l’école, tout en leur proposant un fonctionnement spécifique, une classe de cycle, de longues plages de travail personnalisé ? Vous recherchez un ouvrage sérieux et vous ne vous y retrouvez pas dans l’abondante littérature montessorienne, lucrative, mais de qualité fort disparate ? Riche en outils (progressions, programmations, emploi du temps conformes aux programmes de l’éducation nationales et fidèles aux activités par Maria Montessori et à sa philosophie, le livre de Marguerite Morin répondra sans doute à vos attentes.

Il est organisé en quatre chapitres : le premier est consacré à la présentation succincte mais fidèle de la pédagogie de Maria Montessori et constitue une bonne introduction à la lecture de la pédagogue. L’auteure encourage d’ailleurs le lecteur à se plonger dans l’œuvre dans de Montessori. Le second chapitre est consacré à la préparation de la classe, on y trouve une foule de conseils sur l’organisation de la journée, de la salle de classe, la communication auprès des collègues, des familles, de l’inspecteur, de l’Atsem. Le chapitre trois présente la mise en place concrète de la pédagogie Montessori : les activités, les présentations, les outils de préparation… Le chapitre intitulé «  Les programmes et la pédagogie Montessori  » rassemble des programmations particulièrement bien conçues qui feront gagner un temps conséquent à l’enseignant. Le dernier chapitre, «  Les fiches pratiques des activités Montessori  », présente les activités principales, par domaine d’apprentissage avec les objectifs, la présentation, le matériel. Chaque chapitre contient des encarts qui répondent aux questions que se posent fréquemment les enseignants, par exemple : comment débuter la première année ? Comment s’organiser lorsque les collègues ne veulent pas travailler en classe de cycle ? Comment faire le lien avec l’enseignant de la classe suivante ? Le livre est également généreusement illustré par des photos et des indications sur les pratiques de classe de Marguerite Morin.

Maître formatrice, Marguerite Morin partage sa classe chaque année avec un enseignant «  non montessorien  ». Son livre témoigne d’un esprit ouvert au travail d’équipe et aux pratiques culturelles demandées par l’Education Nationale : la littérature jeunesse, les jeux symboliques, les projets d’arts visuels, l’EPS… Pratiques que l’on ne trouve pas dans la pédagogie Montessori «  orthodoxe  » mais qui n’en sont pas moins fondamentales pour un développement harmonieux des jeunes enfants. On y trouve des pistes intéressantes pour les concilier avec d’authentiques plages de travail personnalisé. Ainsi, Marguerite Morin montre que cette pédagogie, lorsqu’elle est pratiquée à l’école publique peut compléter des pratiques de maternelle plus fréquentes (projets collectifs, ateliers dirigés, rituels…) et offrir aux élèves un milieu riche, des apprentissages personnalisés et efficaces.

Maeliss Rousseau

 

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